mardi 31 janvier 2017

TOP BATIMENT 2017

ARCHITECTURE - Ils ont été construits aux quatre coins du monde, dans des matériaux et des styles bien différents mais les bâtiments que vous vous apprêtez à admirer ont tous deux points communs: ils ont été pensés pour améliorer la vie quotidienne et font partie de la sélection finale du prix d'architecture du site ArchDaily "Building of the Year".
Début janvier, les lecteurs du site spécialisé ArchDaily ont pu choisir leurs bâtiments préférés de 2014 parmi les 4000 projets dont le site a parlé cette année-là. Depuis le 27 janvier, la liste des nommés a été réduite à cinq projets dans 10 catégories différentes et soumise au vote du public.
Les vainqueurs de chaque catégorie seront annoncés le 5 février, en attendant, voici la sélection du HuffPost avec 25 bijoux d'architecture.

  • LOGEMENT
    © Mikkel Frost
    L'Iceberg / CEBRA + JDS + SeARCH + Louis Paillard Architects (Danemark). L' Iceberg fait partie des premiers projets qui seront terminés dans le nouveau quartier d'Aarhus C au Danemark, un "dockland" de 800.000m² transformé pour accueillir 7000 habitants et 12.000 bureaux. C'est l'un des développements les plus importants pour une ville portuaire en Europe, selon ArchDaily.
  • © Murray Fredericks
    One Central Park / Ateliers Jean Nouvel (Australie) Cet immeuble australien, situé en banlieue de Sydney, a déjà été élu "tour de l'année". Il a été conçu par les équipes de Jean Nouvel et l’agence d’architecture australienne PTW, et a été remarqué pour sa parure végétale signée Patrick Blanc. Autre particularité de cet immeuble: tous ses occupants, où qu'ils se trouvent dans la tour, on accès à la lumière naturelle!
  • MAISONS
    © Hiroyuki Oki
    House for Trees / Vo Trong Nghia Architects (Vietnam) Ici on ne parle pas de cabanes dans les arbres, mais d'arbres sur les cabanes. À Ho-Chi-Minh-Ville, le cabinet d'architecture vietnamien Vo Trong Nghia a décidé d'apporter un peu de verdure dans la plus grande ville du pays. L'initiative est venue d'un constat: seulement 0,25% d'Ho-Chi-Minh-Ville est recouvert de verdure. La surabondance des motos cause également un important problème de pollution. Ce projet est un prototype de maison avec un budget serré de 156.000 dollars. Le but étant d'apporter plus d'espace vert dans la ville.
  • © Javier Callejas Sevilla
    La maison de l'infini / Alberto Campo Baeza (Espagne) "Un endroit merveilleux comme un coin de paradis sur terre, à Cádiz", peut-on lire sur ArchDaily. Cette maison, dont le toit est une surface plane donnant une impression d'infini, s'inscrit parfaitement dans le paysage et la ligne d'horizon de la mer en fond.
  • HOSPITALITÉ
    © Hiroyuki Hirai
    Nine Bridges Country Club / Shigeru Ban Architects (Corée du Sud) Un nouveau club house sur un terrain de golf à deux heures de Séoul en voiture. Trois bâtiments avec des structures bien différentes et une approche intéressante des méthodes de constructions traditionnelles de Corée, selon ArchDaily.
  • © João Soares
    White Wolf Hotel / AND-RÉ (Portugal) Terminé en 2013 et récemment ouvert au public, cet hôtel se compose de divers bâtiments qui s'intègrent dans la nature. Cet hôtel a été pensé pour des clients à la recherche d'expériences holistiques et spirituelles en pleine nature.
  • ARCHITECTURE POUR L'ÉDUCATION
    © Gremsy
    Farming Kindergarten / Vo Trong Nghia Architects (Vietnam) Cette école a été conçue pour résister aux inondations. Située près d'une importante usine de chaussures, elle accueille 500 enfants d'ouvriers et son toit végétal permet aux écoliers de jouer dans la verdure mais aussi de découvrir le jardinage et de produire eux-même ce qu'ils mangent.
  • © Nico Saieh
    Innovation Center UC – Anacleto Angelini / Alejandro Aravena | ELEMENTAL (Chili) Le groupe Angelini a financé ce centre d'innovation où des entreprises et des chercheurs peuvent se rencontrer et travailler ensemble.
  • BUREAUX
    © Fernando Guerra | FG + SG
    L'immeuble sur l'eau / Álvaro Siza + Carlos Castanheira (Chine) Ce bâtiment inauguré en août 2014 a été construit par le célèbre architecte portugais Álvaro Siza (prix Pritzker en 1992) sur l'eau du parc industriel de l'entreprise Shihlien Chemical dans la province de Jiangsu en Chine.
  • © Michel Denancé
    Fondation Pathé / Renzo Piano (France) Ouvert au public en septembre 2014, la nouvelle Fondation Jérôme Seydoux-Pathé est entièrement consacré au septième art et particulièrement à l’histoire du cinéma muet. Le nouveau siège conçu par l’architecte Renzo Piano dans le quartier historique des Gobelins à Paris propose des expositions, une salle de cinéma et héberge les précieuses archives de Pathé, la plus ancienne société de cinéma au monde avec Gaumont.
  • ARCHITECTURE D'INTÉRIEUR
    Courtesy of Kengo Kuma & Associates
    Shun Shoku Lounge par Guranavi / Kengo Kuma & Associates (Japon) Des pièces de bois empilées les unes sur les autres pour créer un intérieur unique.
  • © Daici Ano
    SISII / Yuko Nagayama & Associates (Japon) Cet intérieur végétal et épuré comprend à la fois les bureaux et le showroom de la marque 'sisii' de Kobe. Les clients peuvent découvrir les vêtements de la marque alors que les employés sont en plein travail. De la création à la vente, tous les niveaux de l'entreprise sont mélangés dans cet espace.
  • RÉNOVATION
    Courtesy of Vo Trong Nghia Architects
    Green Renovation / Vo Trong Nghia Architects (Vietnam) Le développement éclair du Vietnam pose des problèmes d'organisation urbaine comme le manque d'espace vert, les problèmes d'électricité ou de pollution. À Hanoï, cette rénovation d'une maison individuelle "verte" répond à ces problématiques et apporte une touche de verdure dans la ville.
  • © Piero Ottaviano
    The Number 6 / Building (Italie) The Number 6, la rénovation du palace Valperga Galleani respecte l'héritage culturel du lieu et l'élégance turinoise tout en y ajoutant technologie et modernité. Avec le travail de l'architecte Piero Boffa sur 9500 mètres carrés, ce palais retrouve sa vocation résidentielle.
  • ARCHITECTURE CULTURELLE
    © Simon Menges
    Philharmonic Hall Szczecin / Estudio Barozzi Veiga (Pologne) Difficile de ne pas remarquer ce bâtiment dans la plus grande ville portuaire de Pologne. Une construction moderne mais inspirée de la verticalité des bâtiments résidentiels de la ville, des monumentales églises néo-gothiques et des grands volumes des constructions classiques.
  • Courtesy of BC architects
    La bibliothèque de Muyinga / BC Architects (Burundi) La première bibliothèque de la ville de Muyinga au Burundi, construite avec des blocs de terre compressée.
  • ARCHITECTURE PUBLIQUE
    Courtesy of Grimshaw Architects
    Pulkovo International Airport / Grimshaw Architects + Ramboll + Pascall+Watson (Russie) Le nouveau terminal de l'aéroport international Pulkovo de Saint-Pétersbourg.
  • Courtesy of Flanagan Lawrence
    Coquillages acoustiques / Flanagan Lawrence (Royaume Uni) Situés dans un jardin de la station balnéaire de Littlehampton, West Sussex, Royaume Uni, ces "coquillages acoustiques" sont utilisés comme des scènes et des refuges pour la communauté locale.
  • ARCHITECTURE SPORTIVE
    © Mikkel Frost / CEBRA
    StreetDome / CEBRA + Glifberg + Lykke (Danemark) Un parc et un centre culturel pour les sports de rue sur le front de mer de Haderslev, au Sud du Danemark. StreetDome est décrit comme un lieu urbain unique par ArchDaily avec son skatepark de 4500 mètres carrés et ses installations sportives originales comme un terrain de parkour.
  • Courtesy of DP Architects
    Singapore SportsHub / DPArchitects (Singapour) Un espace de 35 hectares au bord de l'eau dédié aux sports et aux loisirs. Une première en Asie.
  • ARCHITECTURE RELIGIEUSE
    © Hundven-Clements Photography
    Community Church Knarvik / Reiulf Ramstad Arkitekter (Norvège) Cette église domine la ville norvégienne de Knarvik et la côte de Bergen. Placé dans un cadre naturel d'exception, le bâtiment a été pensé pour s'inscrire dans le paysage.
  • © Iwan Baan
    100 Walls Church / CAZA (Philippines) A quoi devrait ressembler un lieu de culte aujourd'hui? Est-ce qu'une idée contemporaine peut être sacrée? Voici un exemple des questions que se sont posés les concepteurs de ce lieu de culte résolument moderne.
  • ARCHITECTURE INDUSTRIELLE
    © Nico Saieh
    Carozzi Production and Research Food Center / GH+A | Guillermo Hevia (Chili) Ce projet est né du besoin de reconstruire une usine qui avait brûlé en 2010. Les architectes ont donc voulu ouvrir ce bâtiment aux nouveaux concepts industriels et sociaux, à l'innovation, aux nouvelles technologies et au développement durable.
  • © Iwan Baan
    Distillerie Bombay Sapphire / Heatherwick Studio (Royaume Uni) Le fabricant de gin Bombay Sapphire a confié la réalisation de son usine de production, ouverte au public, au Studio Heatherwick. Le site, une ancienne usine de pâte à papier, et son histoire ont été préservés et même mis en valeur.
  • ARCHITECTURE COMMERCIALE
    © Daria Scagliola+Stijn Brakkee
    Markthal Rotterdam / MVRDV (Pays-Bas) Il s'agit du premier marché couvert des Pays Bas, à Rotterdam. Il est situé juste derrière la gare de Rotterdam Blaak.

mardi 8 septembre 2015

Le génie civil

Le génie civil représente l'ensemble des techniques concernant les constructions civiles. Les ingénieurs civils ou ingénieurs en génie civils’occupent de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de la réhabilitation d’ouvrages de construction et d’infrastructures dont ils assurent la gestion afin de répondre aux besoins de la société, tout en assurant la sécurité du public et la protection de l’environnement. Très variées, leurs réalisations se répartissent principalement dans cinq grands domaines d’intervention: structuresgéotechniquehydraulique,transport, et environnement.
En France, génie civil est une expression désignant la construction en général.

vendredi 10 octobre 2014

Architecture baroque : Variantes régionales

En Italie

Église Sant'Ivo alla Sapienza parFrancesco Borromini. Notez la façade concave et le clocher en spiraleLe style baroque se développe à partir de la deuxième moitié du xvie siècle, d’abord à Rome, puis dans le reste de l’Italie. Il respecte tout d'abord le paradigme romain de la basilique en croix dont le chœur est surmonté d'un dôme. Outre l’Église du Gesù sus-citée, on considère que le pionnier de l'architecture baroque religieuse est Carlo Maderno avec son église Santa Susanna alle Terme di Diocleziano, construite entre 1585 et 1603. Le rythme dynamique des colonnes et pilastres, la façade centralisée et complexe, liant rigueur et jeu sur les codes classiques de la Renaissance, les statues placées dans des niches et rappelant furieusement la structure de la scène d'un théâtre romain antique en font l'un des premiers exemples du baroque. Ce premier essai est poursuivi par Pierre de Cortone dans son église Notre-Dame-de-la-Paix de Rome (1656) avec des ailes concaves qui rappellent une scène de théâtre et dont la partie centrale s'avance comme pour occuper la petite place qui lui fait face.
La mode architecturale est lancée - elle lie théâtralité et domination sur l'espace urbain environnant. Elle sera la norme pour les cent cinquante ans à venir.
L’exemple le plus abouti est sans conteste l'approche trapézoïdale vers la basilique Saint-Pierre qu'offre la place Saint-Pierredessinée par Le Bernin et qui est reconnue comme un chef d’œuvre de la théâtralité baroque sur une échelle colossale sans précédent. Deux ailes de colonnades donnent sa forme au parvis monumental, elles s'écartent depuis la basilique comme deux bras protecteurs qui accueilleraient la foule. Le plan elliptique8 est typique de l'architecture baroque. De son propre aveu, l’œuvre favorite du Bernin est l’église Saint-André du Quirinal (1658) qui utilise le plan ovale9. Avec son maître-autel aérien et sa décoration de marbres polychromes, elle va servir de modèle à toute une série d'églises baroques.

Fontaine des Quatre-Fleuves de Gian Lorenzo Bernini.
Le Bernin a également été actif en architecture civile avec les palais Barberini (1629) et Chigi (1664), à Rome. À mi-chemin entre sculpture et architecture, sa fontaine des Quatre-Fleuves provoque l’admiration pour son génie dans toute l’Europe.

Église Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines par Borromini
Le rival du Bernin dans la capitale de la chrétienté est Francesco Borromini dont les plans s'éloignent encore plus des canons esthétiques de la Renaissance avec des compositions encore plus dramatiques. Applaudi par la génération suivante comme un architecte révolutionnaire, qui écarte l'approche anthropomorphe10 de la Renaissance pour privilégier une approche modulaire, l'interpénétration géométrique savante des courbes et contre-courbes qui est le mieux illustrée par la façade de son église Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines au plan elliptique aux indentations concaves et convexes et dans le clocher en spirale de l'église Sant'Ivo alla Sapienza qui présente une façade en arc de cercle inversé (voir illustration ci-dessus).
À la suite du décès du Bernin en 1680, Carlo Fontana s'impose comme l'architecte le plus influent à Rome. Certaines de ses réalisations (la façade concave de l’église San Marcello al Corso en particulier) valent d'être mentionnées, mais il n'atteint pas la créativité débridée de ses prédécesseurs. Au xviiie siècle la capitale culturelle de l'Europe se déplace de Rome àParis.
Des variantes plus flamboyantes et moins classiques du baroque apparaissent dans le courant du xviie siècle dans le sud de l'Italie, en Sicile notamment sur la fin du siècle (voir l'article consacré au baroque sicilien), mais bien avant dans la ville de Lecce dans les Pouilles où son principal représentant, l'architecte Giuseppe Zimbalo, s'inspire du style plateresque espagnol - le royaume de Naples étant alors sous domination espagnole.

Filippo Raguzzini, Piazza sant'Ignazio, Rome
Le rococo italien qui fleurit au xviiie siècle, surtout à partir de 1720 est profondément influencé par les idées de Borromini. Les architectes les plus talentueux, alors actifs à Rome sont Francesco de Sanctis, auteur du degré monumental de la Piazza di Spagna en 1723 et Filippo Raguzzini qui conçoit la place Saint-Ignace-de-Loyola (1727) comme une scène de théâtre — mais ils n'ont qu'une influence limitée hors des frontières italiennes, pas plus que les plus doués représentant du très raffiné baroque sicilien, comme Giovanni Battista VaccariniAndrea Palma ou Giuseppe Venanzio Marvuglia.

Basilique de Superga près de Turinpar Filippo Juvarra.
Le baroque tardif en Italie s'exprime dans toute sa splendeur dans le Palais deCaserte construit par Luigi Vanvitelli, sans doute l'une des plus vastes constructions du xviiie siècle qui en a tant vu. Influencé par les modèles français et espagnol (leroyaume des Deux-Siciles vient à peine de conquérir son indépendance de la couronne d'Espagne et ses souverains sont néanmoins Espagnols), le palais royal de Caserte s'intègre harmonieusement dans le paysage alentour. Le bâtiment est classicisant dans le détail et annonce le néoclassicisme qui va prendre la place du baroque
Vous pouvez également consulter les catégories : Monuments baroques italiens et Architectes baroques italiens.

Expansion

Il y a trois facteurs principaux du baroque, initialement italien, qui vont conduire à son expansion au-delà des Alpes, dans toute d'Europe :
  • les architectes italiens sont demandés ou s'exilent, citons Le Bernin appelé à Paris pour la colonnade du Louvre ; Jan Blažej Santini-Aichel qui s'il est né à Prague est le fils d'émigrés italiens, tout comme Nicolò Pacassi, ou les Lurago dans le Saint-Empire ; Augustyn Wincenty Locci, ou Pompeo Ferrari en Pologne ;Bartolomeo Rastrelli en Russie ; Camillo-Guarino Guarini actif dans toute l'Europe, etc.
  • les architectes européens font le voyage à Rome. Le prix de Rome, initié en 1663, récompense les meilleurs architectes français d'un séjour de trois ans à l’Académie de France à Rome. Les principaux architectes baroques ont fait le Grand Tour en Italie, citons Johann Bernhard Fischer von ErlachLukas von Hildebrandt, etc.
  • la gravure qui permet tant aux princes qu'à leurs architectes de faire connaître leurs réalisations.

En France

Les Français appellent « classique » l’architecture du siècle de Louis XIV et de ses successeurs et rejettent l'appellation, péjorative en français11, de « baroque ». Cette opposition entre un classicisme « raisonnable » à la française et un baroque « excessif » à l’italienne trouve sa source dans la volonté, affirmée dès lexviie siècle, de supplanter Rome et, dans les faits, c’est le moment où Versailles et la cour du Roi-Soleil prennent la place de l’Italie comme foyer de rayonnement culturel. Le tournant est le refus des plans du Bernin en avril 1665 pour la colonnade du Louvre : l’architecte le plus célèbre, le plus demandé d’Europe est rejeté par la Cour de France.
Cependant, certains historiens de l’art considèrent l’architecture française des règnes de Louis XIV et Louis XV comme baroque : ils estiment que la plupart des constructions « classiques » françaises, qu'elles soient religieuses ou civiles, auraient pu être édifiées ailleurs en Europe et qu'elles comportent tous les éléments baroques : goût pour la magnificence, la perspective, le décor12.
L'architecture baroque est redevable aux Français de l'invention du château à trois corps de bâtiments. Le modèle en vigueur jusque-là est celui du palazzo italien : une austère sinon grandiose façade sur la rue, une ou plusieurs cours intérieures bordées de colonnade ou non. La créativité des architectes s'exprime dans les marges : grand escalier, galerie intérieure.

Palais du Luxembourg, 1631.
Avec le Palais du Luxembourg (1615-31), la reine mère Marie de Médicis et son architecte, Salomon de Brosse, mettent au point le palais à trois corps de bâtiments qui deviendra le modèle obligé de l'architecture palatine. Pour la première fois, lecorps de logis est mis en avant, hiérarchiquement parlant, alors que les ailes latérales sont sciemment plus dénudées.
De Brosse y mélange habillement des éléments à la française (toits mansardés et décorés) et italiens (en particulier le traitement « rustique » du parement de pierre, comme au Palais Pitti). Cette synthèse est caractéristique du style Louis XIII.

Château de Maisons-Laffitte, 1642.
L'architecte le plus accompli dans ce nouveau style qui émerge est sans aucun douteFrançois Mansart, l'infatigable perfectionniste qui introduit le baroque en France. Ses plans pour le château de Maisons-Laffitte (1642), réussissent à concilier les approches françaises et italiennes tout en démontrant un respect pour la tradition gothique syncrétique en France13. Maisons-Laffitte fait la transition entre le château de la Renaissance et celui du xviiie siècle. Strictement symétrique, sa façade s'articule sur trois éléments, un corps central et deux pavillons latéraux, elle reprend une invention italienne : un ordre architectural pour chaque étage. Le frontispice avec son ornementation et son toit surhaussé est typiquement baroque[réf. souhaitée].

Vaux-le-Vicomte.
Avec le château de Vaux-le-VicomteLouis Le Vau reprend le standard imposé par Mansart et l'accentue encore un peu plus. Il s'agit d'affirmer la puissance du propriétaire, le surintendant Nicolas Fouquet.

Les Invalides de Paris
L’hôtel des Invalides est édifié entre mars 1671 et février 1677 par Libéral Bruant et sa chapelle est achevée en 1706 par Jules Hardouin-Mansart.

Art baroque savoyard

L'Art baroque savoyard est un style artistique religieux issu de la Contre-Réforme(milieu du xvie siècle) consistant à l'aide de l'architecture, de la peinture et de lasculpture à mettre en scène la foi, notamment autour du retable. Ce mouvement connut un véritable dynamisme dans les églises de Savoie aux xviie et xviiie siècles.

L'Espagne, le Portugal et leurs empires

Sur le vieux continent


Le baroque churrigueresque est le mieux représenté sur la façade principale de la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Au fur et à mesure que pénètre l'influence italienne au-delà des Pyrénées, elle fait reculer l'approche classicisant en vogue jusqu'alors sous la férule de Juan de Herrera. En 1667, les façades de la cathédrale de Grenade par Alonso Cano annoncent la victoire du baroque en Espagne. S'ensuit lacathédrale de Jaén par Eufrasio López de Rojas qui intègre les leçons baroques au structures architecturales spécifiquement espagnoles.

Autel baroque, Tolède.
En contraste avec l'art du nord de l'Europe, les Espagnols ont créé un art qui fait appel aux sens plus qu'à l'intellect. La famille Churriguera, architectes spécialisés dans le dessin et la construction d'autels et de retables s'est opposée au style dépouillé qu'on appelle « herreresque » en référence à son inventeur et promoteur principal, Juan de Herrera, et a promu un style exagéré, élaboré, presque capricieux qui couvre chaque pouce de surface disponible avec un motif et qui est passé à la postérité sous le vocable de « churrigueresque ». En moins d'un demi-siècle, les Chirrugera transforment Salamanque en une cité modèle du style churrigueresque.
Le Portugal, sous domination espagnole entre 1580 et 1640, est dans la sphère d'influence culturelle de son grand voisin et ne s'en distingue (ce qui est vrai aussi pour le Brésil vis-à-vis des colonies espagnoles d'Amérique latine) que par une atténuation sensible, empreinte d'une douceur toute portugaise.

Église Saint-Michel de Louvain.
Aux riches Pays-Bas espagnols (peu ou prou la Belgique actuelle), la même approche prédomine, qui lie une surcharge décorative à la structure architectonique et qui fait passer la fluidité au second plan. On mentionnera l'église Saint-Michel deLouvain avec sa façade exubérante sur deux étages, ses bouquets de colonnes et l'intégration complexe d'un modénature sculptée de style français.

En Amérique latine

L'Amérique latine est dans la sphère d'influence du baroque chirrigueresque espagnol et se caractérise par une surcharge décorative mâtinée d'influences locales qui donnent toute sa saveur au baroque latino-américain.

Palais des vice-rois de la Nouvelle-Espagne sur le Zócalo.
Typiquement, les villes qui se construisent alors comprennent une Plaza Mayor (le célèbre Zócalo de Mexico en est l'exemple le plus grandiose) qui réunit les bâtiments des pouvoirs administratifs et religieux : palais du vice-roi ou de son représentant et la cathédrale (là encore, Mexico se distingue avec sa cathédrale métropolitaine, la plus large du continent).
La conquista avait eu pour conséquence un dramatique déclin démographique, les conquistadores apportant avec eux lavariole, une maladie des plus virulentes qui décimèrent les populations amérindiennes lors de leur arrivée sur le continent en 1518. Le xviie siècle voit un renouveau démographique et la construction de nombreuses villes dont certaines ont gardé leur cachet originel. Citons Ouro Preto au BrésilMorelia au Mexique.
Comme dans la vieille Europe, les ordres religieux ne sont pas en reste. Les Jésuites en particulier y ont laissé un témoignage architectural unique de leurs missions, comme à São Miguel das Missões.

Dans le Saint-Empire romain germanique


Église Saint-Charles-Borromée de Vienne par Fischer von Erlach.
L'église Saint-Michel de Munich, commandée par les jésuites et construite entre 1583 et 1597, est souvent considérée comme le premier exemple du baroque au-delà des Alpes, mais, tout comme l’œuvre d’Elias Holl (1573 - 1646) à Augsbourg, cette tentative avait été interrompue par la guerre de Trente Ans et n'avait pas donné suite. Il faut attendre 1648 et la fin de la guerre de Trente Ans pour que l’art baroque s’épanouisse avec force dans le Saint-Empire romain germanique. Cette période faste atteint son apogée entre 1690 et 1720, notamment à la suite du déclin du nombre de chantiers en Italie. Nombre de maîtres-maçons italiens traversent alors les Alpes, les magistri Grigioni, les Carlone de Lombardie, les Lurago du Tessin trouvent à s’employer alors que la guerre de Trente Ans et l’absence de chantiers a dépeuplé les rangs des spécialistes allemands de la construction.

En terres catholiques


L'abbaye de Melk due à Jakob Prandtauer.
Dès lors les nouveaux foyers de création sont Vienne et Prague. Aux alentours, les ordres ecclésiastiques sont amenés à se construire de somptueux bâtiments : leurs abbayes et monastères ont souvent été détruits ou pillés par les troupes protestantes. L'Allemagne est morcelée par le Kleinstaaterei, le prince de chaque micro-État entre en compétition avec son voisin et se fait construire de fastueux palais.
Parallèlement, la puissance de l'Autriche s'affirme, et comme pour mieux souligner l'ascension de la monarchie desHabsbourg, la noblesse se fait bâtir nombre de palais par les grands architectes que furent Lukas von Hildebrandt et Johann Bernhard Fischer von Erlach qui développe un style « impérial » aux multiples références historicisantes particulièrement visible dans l'église Saint-Charles-Borromée de Vienne. Aidés par leurs importants revenus fonciers, les monastères d'OttobeurenBenediktbeuernRottenbuchMelkBřevnov, etc., font appel aux grands architectes allemands, dont beaucoup se sont formés en Italie, mais qui n'en développent pas moins un style propre à l'Allemagne méridionale, fait de mouvement et de couleur qui aboutira au rococo.
Le renouveau du baroque au début du xviiie siècle est bien en Autriche, autant dans les campagnes grâce à Jakob Prandtauer que à Vienne.
Le mur pilier

Exemple d'église à mur pilier àOttobeuren.
À Dillingen, les jésuites innovent et inventent un nouveau concept, le « mur pilier » (Wandpfeiler) qui tient son origine dans le principe (allemand déjà et somme toute ancien puisque gothique) de l’église-halle : les contreforts sont placés à l'intérieur de la construction sous forme de colonnes ou de piliers reliés au mur externe par des murs non-porteurs, mettant à nu le « squelette » structurel. On parle d'« école de Vorarlberg » à ce sujet, les premiers essais étant situés dans cette région limitrophe. La voûte est généralement en berceau et repose sur un entablement horizontal qui retombe sur des arcs transversaux, entre les arcs de hautes baies vitrées éclairent des chapelles latérales.
Cette solution architectonique procure plusieurs avantages : un éclairage latéral, un espace central facilement modulable et facile à redécorer au goût du jour comme cela sera le cas dans plusieurs églises (qui connaissent un « toilettage » rococo ou néoclassique).

Saint-Nicolas de Malá Strana àPrague.
En Bohême, on voit apparaître un « baroque radical »14 sous l'influence de Christophe Dientzenhofer et surtout de son filsKilian Ignace Dientzenhofer qui s'inspirent de Camillo-Guarino Guarini et se caractérise par l'ondulation des murs piliers et l’usage d'ovales, dans la conception de l’arcature de la voûte, qui s'interpénètrent. Le chef d’œuvre du baroque radical est sans conteste l’église Saint-Nicolas de Malá Strana à Prague.
L'influence du baroque radical est perceptible dans beaucoup d'églises bavaroises du l'architecte Johann Michael Fischercomme, par exemple, à Ottobeuren et au monastère de Benediktbeuern. Les réalisations de Johann Balthasar Neumann, en particulier en l'église de pèlerinage des Quatorze saints intercesseurs, sont considérées comme la synthèse définitive du baroque allemand et du baroque radical de Bohême.
Architecture civile

Le Palais Zwinger de Dresde.
L'architecture palatine du baroque allemand de l'époque est trop variée et trop nombreuse pour qu'on nomme tous les palais et châteaux que les potentats, princes, évêques, électeurs, margraves, rois ou empereurs se construisent alors. Citons dans le désordre le Belvédère, cadeau au prince Eugène de Savoie-Carignan pour services rendus à la couronne, le palais Schönborn, les Châteaux d'Augustusburg et de Falkenlust de l'évêque de Cologne, la résidence de Wurtzbourg des princes-évêques de la ville, Schönbrunn construit pour l'empereur du Saint-Empire - tous, à un degré ou un autre, réalisent la synthèse entre le modèle français illustré par Versailles (château entre cour et jardin avec cour d'honneur côté ville) et le modèle italien ou espagnol (un « pâté » aussi large et imposant que possible avec une façade uniforme). Plus le siècle avance, plus le modèle français prend le dessus15, mais intègre des éléments spécifiquement allemands que sont l'escalier « à l'impériale » et la salle d'honneur. Alors que le château ou l'hôtel particulier français possède une cage d'escalier relativement sobre au parement de pierre de taille où la décoration se concentre dans la rampe en fer forgé et le « grand salon » conserve une taille modeste, le palais allemand et autrichien fait de ces pièces un espace de représentation, y concentre toute la décoration et n'hésite pas à percer la salle d'honneur sur deux étages.
Le palais Zwinger fait exception et mérite qu'on s'y attarde. Œuvre de Matthäus Daniel PöppelmannOberlandbaumeister d’Auguste II, roi de Saxe et de Pologne, le Zwinger se destinait à être une cour pour les tournois et les fêtes de la brillante cour de Saxe. Pöppelmann l'appelait lui-même le « théâtre romain ». On y retrouve tous les éléments baroques : théâtralité, affirmation de la puissance et richesse du souverain, perspective (l'axe principal aboutit vers une tour qui domine la ville et la campagne environnante) et lignes horizontales continues interrompues par les pavillons.
Autre témoignage, plus modeste celui-ci, de la créativité débridée et ludique des architectes baroques (quand leurs commanditaires le leur permettaient) est le château de Karlova Koruna construit pour l’archichancelier de Bohême, le comte František Ferdinand Kinský : le plan au sol est étonnamment triangulaire, de la salle d’honneur ronde et centrale rayonnent trois corps de bâtiments en forme de carrés partiellement intersectés avec le cercle central.

En terres protestantes


Frauenkirch de Dresde
L'architecture sacrée protestante est de moindre importance durant l'époque baroque. Elle n'est pas inexistante pour autant, mentionnons la Frauenkirche de Dresde et, à Berlin, la cathédrale Sainte-Hedwige (catholique, mais construite par le roi protestant Frédéric II de Prusse) et, sur le Gendarmenmarkt les temples jumeaux du Französischer Dom et du Deutscher Dom.
L'architecture baroque ne dessert pas moins les ambitions des princes protestants au nord de l'Allemagne qu'elle ne le fait au sud pour l'Empereur catholique et sa cour. Potsdam et le palais de Sanssouci de Frédéric II, Copenhague et l’Ermitage et la place Amalienborg voulus par Christian VI et Frédéric V de Danemark en témoignent.

En Grande-Bretagne


Hôpital de Greenwich parChristopher Wren, 1694.
Si, comme on l'a vu, le baroque est compatible avec le protestantisme, il n'est pas en revanche soluble dans la démocratie. Les Provinces-Unies des Pays-Bas qui connaissent pourtant une prospérité économique et un âge d'or artistique sans précédent en témoignent : le baroque architectural en est quasiment absent et sa peinture, si spécifique, n'est pas, à proprement parler, baroque. La Grande-Bretagne connaît un interrègne anglais avec le protectorat d’Oliver Cromwell avant la restauration anglaise (1660). Entre le décès d’Inigo Jones en 1652 et la fin du Grand Tour de Christopher Wren en 1665, il n'y a pas d'architecte de premier plan sur le sol anglais.
On doit à Wren l'introduction du baroque architectural dans le royaume rétabli. Il se démarque de son équivalent continental par la clarté de son dessin et sa tendance classicisante (en particulier, en se référant de façon constante au modèle palladienqui correspond mieux au puritanisme anglais). Comme en Allemagne avec la guerre de Trente Ans ou en Sicile avec le tremblement de terre, c'est à une catastrophe, le grand incendie de Londres, que l'on doit un renouveau dans la construction. En quelques années, Wren supervise l'édification de cinquante-trois églises dont la cathédrale Saint-Paul de Londres qui soutient la comparaison avec les plus ambitieux projets du baroque religieux continental. Les palais et églises qui se construisent alors sont « classiques » dans leur décoration et « baroque » dans leur ampleur majestueuse et leurs proportions monumentales. La tentative de Thomas Archer avec son église St. John's de Smith Square (1728), d'introduire le baroque italien du Bernin dans l'architecture religieuse anglaise rencontre beaucoup moins de succès.

Palais de Blenheim, chef-d’œuvre absolu du baroque anglais.
Bien que Wren soit également un architecte actif dans le domaine civil, c'est à William Talman qu’avec la Chatsworth House (1687), l’on doit la première country house(l’équivalent anglais du château de plaisance continental) véritablement baroque. L'apogée du baroque anglais vient avec Sir John Vanbrugh16 et Nicholas Hawksmoor.

Castle Howard par John Vanbrugh, 1718.
Ils ont la plupart du temps collaboré ensemble sur des projets grandioses comme Castle Howard (1699) et le palais de Blenheim (1705) même si chacun est capable de s'affirmer individuellement de manière complète.
Quand bien même ces deux palais apparaîtraient pompeux et rigides pour un visiteur continental, leurs lourds pinacles et leur masse presque oppressante ont, un temps, fasciné le public anglais. Castle Howard est la conjonction flamboyante et animée des masses géométriques dominées par une tour cylindrique couronnée d'un dôme qui n'eut pas dépareillé à Munich ou Dresde. Blenheim, qui porte le nom d'une victoire austro-anglaise, est un cadeau de la couronne au duc de Marlborough en remerciement des services rendus. Le bâtiment est massif, le portique central imposant, le portail d'entrée pensé comme unarc de triompheJohn Vanbrugh réalise encore le Seaton Delaval Hall (1718), une mansion plus modeste et cependant unique dans son audace architectonique et son style baroco-palladien. Cependant, dès le second quart du xviiie siècle, le baroque tombe en désuétude en Grande-Bretagne qui invente alors le jardin anglais et préfère des country houses moins imposantes et moins guindées.

En Europe orientale

Le Palais Bánffy de Cluj, enTransylvanieEn Russie, l’architecture baroque passe par trois phases - la première correspond au baroque Narichkine surtout visible àMoscou, avec ses élégantes décorations de pierre blanche sur mur de briques rouges ; la seconde, phase de maturité, correspond au baroque petrin qui prend son nom du tsar Pierre le Grand couvre le règne de ce dernier entre les années 1680 à 1720 et correspond à la construction de Saint-Pétersbourg ; la dernière phase, le baroque rastrellien, du nom de l'architecte des tsarines Élisabeth et Catherine II, Bartolomeo Rastrelli correspond au style Louis XV français ou rococo allemand.
L’Union de Pologne-Lituanie vit, durant l’ère baroque, ses derniers feux avant son dépeçage par ses puissants voisins. C’est, cas rare dans l’histoire, un royaume électif réunissant deux (la Pologne et la Lituanie) puis trois (l’Ukraine occidentale) nations. Dans les faits, les magnats de la Szlachta sont presque exclusivement polonais et la Rzeczpospolita (République), une oligarchie de grands propriétaires terriens qui se font édifier palais et châteaux au grandiose goût du jour qui sied à leurs ambitions. Les ordres religieux ne sont pas en reste dans cette région de frontière entre les mondes orthodoxe (Ukraine), catholique (Pologne) et calviniste (Lituanie) où vit de plus une forte minorité juive.
Comme dans le Saint-Empire, les architectes viennent majoritairement d'Italie et l'on retiendra les noms des Catenazzi : Andrea (1640 - 1701) auteur de nombreuses églises de Posnanie avec son frère Giorgio, et son fils Giovanni (1660 - 1724). Augustyn Wincenty Locci (ca. 1640 - 1737), également d'origine italienne, est l’architecte du palais de Wilanów. On doit à Pompeo Ferrari (ca. 1660 - 1736), la collégiale de Notre-Dame-bu-Bon-Secours de Poznań.